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Torck : 1887-1971 : l’industrie des voitures d’enfant et du jouet à Deinze – Belgique

La ville de Deinze aura été, au cours du siècle précédent, le centre par excellence d’une industrie prospère du jouet et des voitures d’enfant. C’est en 1887 que Messieurs Leon Van Heuverswyn et Eugène Hebbelinck ont pris la décision de créer un atelier de fabrication de voitures d’enfant à Deinze.

Ils furent ainsi rapidement en mesure de rivaliser avec les célèbres voitures d’enfant anglaises, non seulement sur le plan de la qualité, mais aussi au niveau des prix ! La firme fut reprise en 1898 par Victor Kluyskens et passa entre les mains de Paul Hautekeete et d’Emiel Torck en 1911. Après quelques changements de nom intervint la création, en 1927, de la société anonyme « Les Usines Torck ».

A partir de ce moment, la firme Torck ne se contenta plus de produire des voitures d’enfant, mais se lança aussi dans la fabrication de jouets. Grâce à ses voitures à pédales, la firme Torck, à l’instar d’autres firmes de Deinze telles que Beeusaert, Periclès, Souplex, Swan, etc., a connu une renommée qui s’est étendue bien au-delà de nos frontières nationales.

torck fabriek

Torck Deinze = synonyme de qualité!

Le souci de la qualité aura été omniprésent durant toute l’histoire industrielle des usines Torck. C’était un véritable « must » ! Et nous avons complètement repris cette devise à notre compte, comme le reflète notre collection privée de voitures à pédales : l’authenticité et la qualité priment !

Pour concevoir ses modèles de voitures à pédales, Torck s’est souvent inspiré, au fil des ans, des véhicules automobiles circulant sur nos routes.

A l’origine, dès la naissance de Torck, et jusqu’aux années ’30, des voitures furent fabriquées en bois et en carton bouilli ! Le bois est à cette époque – et il le restera toujours – « le grand amour » de la famille Torck : il sera pressé avec de la vapeur et avec des machines à vapeur dans toutes les formes possibles et imaginables, tant pour la fabrication des voitures à pédales que pour celle des petits meubles (d’enfant). Notre collection comprend plusieurs exemplaires de ces modèles de voitures à pédales en bois, tous conservés dans leur état original et donc non restaurés. Unique en son genre !

Dans le courant des années ’30, le bois et le carton furent remplacés par des plaques métalliques solides, en vue de la fabrication d’élégants modèles de voitures à pédales.

Du coup, l’assortiment prend de l’étendue, et l’étranger guette ! Une filiale aux Pays-Bas devint même une absolue nécessité : le « Torck néerlandais » était né ! Mais il devait uniquement servir à entreposer des stocks, afin de pouvoir fournir plus rapidement du matériel Torck sur les marchés étrangers.

Durant la Seconde Guerre mondiale, des pans entiers de bâtiments composant les usines Torck furent ravagés par les bombardements ! Et la filiale aux Pays-Bas fut entièrement détruite.

On comprend donc qu’à l’époque, la production de voitures à pédales était complètement à l’arrêt. Mais paradoxalement, cette guerre fut aussi une source d’inspiration pour Torck, qui, lorsqu’elle eut pris fin, se lança dans la fabrication de voitures à pédales « jeep » : une jeep de l’armée couleur kaki connut un tel succès que Torck lança immédiatement d’autres modèles sur le marché : une jeep de police, une jeep sahara, et même une mini-jeep ! Toutes les variantes figurent dans notre collection.

Et un peu plus tard, ce fut le lancement de la « vespa » pour enfants ! Celle-ci fut conçue en un très grand nombre de couleurs, avec diverses variantes au niveau des selles, etc. Elle était même quelquefois accompagnée d’un véritable side-car ! Mais cet accessoire ne connut pas le succès escompté, et fut retiré quasi immédiatement de la production. Mais cela explique évidemment aussi, du même coup, que ce side-car soit devenu aussi rare, voire quasi introuvable. Nous sommes actuellement les seuls possesseurs connus d’une combinaison complète, conservée dans son état authentique, de cette vespa Torck avec son side-car. Cette pièce était visible lors de notre exposition au Musée national du jouet, à Malines.

Le modèle « Francorchamps » constitue le reflet parfait des bolides américains. Il aura été produit en pas moins de cinq variantes différentes… avec des fortunes différentes pour chacune d’elles, certes, mais il n’empêche : ce n’est pas pour rien que cette voiture a reçu le nom de notre circuit national. Certains exemplaires furent déjà retirés de la production après quelques mois. On comprend mieux, dès lors, pourquoi ces versions du modèle sont aussi difficiles à trouver aujourd’hui.

Et puis vint l’Expo ’58 : l’Exposition universelle de Bruxelles

A l’occasion de cet événement, Torck lança sa fameuse « canne-siège » (dénommée aussi « sitteney »). Disponible en plusieurs couleurs, et revêtue tant du logo Torck que de l’emblème de l’Expo ’58. C’est aujourd’hui une pièce de collection universelle.

Moins célèbre que cette canne-siège : le camion Torck de démonstration, avec remorque, qui a été fabriqué sur le châssis d’une voiture à pédales Torck, en 1958, au prix d’efforts importants, notamment financiers.

Il s’agit d’une pièce absolument unique, spécialement produite  en un seul exemplaire destiné à orner le stand de Torck à l’exposition universelle : il est muni d’un câblage en vue de l’éclairage électrique avant et arrière, à la fois du camion et de la remorque ! Totalement identique à la réalité, donc : même le klaxon et les essuie-glaces sont électriques…

Cette pièce a été conservée dans son état d’origine; c’était la miniature du vrai camion Torck ! Même la plaque d’immatriculation est la miniature du vrai camion Torck qui devait approvisionner les magasins.

Mais ce qui est encore plus important, c’est que cette pièce fait partie de notre collection, ce qui confère dès lors à cette dernière un caractère exclusif permanent.

Durant les années ’60, les modèles de voitures à pédales proposés s’inspirent très clairement des véhicules qui circulent dans nos rues : Torck a donc fabriqué en version voiture à pédales les voitures les plus en vogue à l’époque, comme la Fiat, la Peugeot, la VW Coccinelle et bien entendu la célèbre et légendaire Daf !

La Jaguar type E a donné lieu à pas mal d’agitation : ce modèle a connu beaucoup de problèmes, et son concept s’avéra très onéreux, ce qui explique notamment qu’il n’ait fait l’objet que d’une production limitée.

Mais ce fut aussi la dernière « production maison ». Nous avons eu, avec son concepteur, de nombreuses discussions personnelles : un véritable privilège ! Celui qui posséderait aujourd’hui une Jaguar type E de Torck dans son état original complet et, surtout, « non restauré », serait à ranger parmi les « plus heureux » des grands collectionneurs.

Ce fut le dernier « vrai » Torck.

Entre-temps, la « rage du plastique » avait fait son apparition, non seulement dans le monde des jouets, mais dans de nombreux secteurs. Torck, qui ne jurait que par le bois et les « lourdes plaques en métal », y fut confronté à son tour.

En 1969, Torck bénéficia d’une aide importante de l’Etat belge, mais même celle-ci ne permit pas à l’entreprise de se sauver.

La direction de la firme fit alors une ultime tentative pour importer encore quelques voitures à pédales en plastique afin de les mettre sur le marché belge avec le logo Torck.

A l’époque, il était déjà devenu totalement impossible pour l’entreprise de concevoir elle-même ces voitures en plastique, et a fortiori de les produire. On importa donc des voitures en plastique italiennes, et on les mit sur le marché belge, « munies ou non d’un autocollant Torck ». On voulait à tout prix satisfaire à la demande de voitures en plastique, et cette formule apparut comme étant la dernière possibilité d’y parvenir. Même le dernier catalogue Torck représente les voitures en plastique avec leur marque originale italienne !

Le 25 février 1971, les usines Torck font faillite, terrassées par l’augmentation du coût salarial, et vaincues, entre autres, par la concurrence du plastique (beaucoup moins onéreux pour le consommateur)

Quelques années plus tard, les bâtiments à Deinze firent l’objet d’une vente publique, et ils étaient achetés par la firme Beeusaert, un fabricant de… jouets ! Il y a quelques années, la firme Beeusaert à son tour a vendu les bâtiments. Jusqu’à maintenant les bâtiments sont toujours là vide. Nous avons eu la chance de pouvoir y organiser une exposition extraordinaire pour nos voitures à pédales : “Torck@Torck”, et aussi pour quelques séances photo.

Nous avons entrepris de collectionner un maximum de ce passé plein de nostalgie… que vous pourrez découvrir en consultant le présent site. Nous vous en souhaitons une très agréable visite.

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